Apprendre à dire non, 2e partie : 30 trucs et exemples

Voici 30 autres trucs pour aider à dire NON ! lorsque les situations sont un peu plus exigeantes… Voir ici la première partie.

Publié par Cybèle Rioux en mai 2023 – mis à jour en janvier 2025

Refus non


Voyons 30 trucs et exemples pour apprendre à dire NON ! lorsque les enjeux sont plus élevés.

1. Prenez du recul, posez des questions

Nous avons vu en première partie que certaines personnes jouent sur le sentiment d’urgence, exagèrent les impacts ou omettent des informations pour vous arracher un oui. C’est d’autant plus important de prendre un peu de recul lorsque les conséquences sont plus importantes.

  • Exigez un délai pour y penser. Même en cas de réelle urgence, vous pouvez TOUJOURS prendre quelques minutes. Les cas « de vie ou de mort » sont beaucoup plus rares que les autres essaient de nous faire croire !
  • Prenez quelques minutes sans distraction.
  • Évaluez rapidement les impacts réels pour vous et pour le demandeur. Ça permet de mieux réfléchir, de voir s’il y a un déséquilibre. 

Pour les décisions plus importantes ou qui vous causent un souci, prenez le temps de…

  • Peser les pour et les contre, si possible par écrit.
  • Poser plus de questions au « demandeur ».
  • Consulter une personne de confiance.
  • Dormir au moins une nuit avant de donner votre réponse.


2. Truc paradoxal : ne PAS dire non !

J’ai dit dans le texte précédant qu’il était important de dire clairement non. Pour toutes sortes de raisons bonnes et mauvaises, on n’y arrive pas toujours ou la personne n’accepte pas notre refus…

Une façon relativement simple de faciliter notre vie est alors de dire oui, tout en contrôlant les effets, ou de proposer une alternative. C’est souvent suffisant pour qu’un « demandeur » s’adresse à la personne suivante sur sa liste.

  • Oui, jusqu’à 17h30. Et il est important de quitter à 17h30, sinon la prochaine fois…
  • Ok. Fais-moi signe quand l’info sera complète svp.
  • J’ai déjà un dossier difficile en cours. Je te rappelle demain ou mercredi ?
  • Cette semaine mon horaire est complet, comment est-ce que je peux t’aider autrement ?
  • Je veux t’aider, en même temps ça demande 20 heures de travail en deux jours. Comment souhaites tu qu’on réorganise le tout ?

Avec un peu de chance, les plus exigeants vont vous rayer de leur liste pour un bout 😉


3. Cas difficiles

Pour les personnes insistantes, celles à qui on a toujours dit oui, il y a souvent un travail de fond à effectuer. Il faut alors observer quand on tend à dire trop oui : quand on est fatiguée ? Les lundis matins ? Quand le collègue semble mal pris ? Quand on craint les arguments ou une irritation de la patronne ?

Puis se préparer pour mieux répondre à ces situations :

  • Choisir son moment, ne pas répondre lorsqu’on est fatiguée ou stressé.
  • Préparer ses arguments (vérifier ses informations, noter des situations comparables, etc.)
  • Utiliser l’écrit.

Voici des exemples de réponses :

  • Désolée, j’ai une urgence, on s’en reparle demain matin ?
  • Les projets précédents ont tous pris au moins 10 heures, impossible de faire celui-ci en un jour.
  • J’ai de la difficulté à te dire non en personne parce que je t’apprécie, toutefois je dois vraiment refuser cette fois-ci, alors je t’écris un courriel/texto.

Et si vous ressentez un vrai malaise, dites-le :

  • J’ai déjà dit non deux fois, pourquoi est-ce que tu me le demandes à nouveau ?
  • Quand tu insistes/tu me demandes ceci, je me sens _______________… et utilisez le terme qui décrit votre impression : triste, coincée, mal à l’aise, en colère.


4. Autres trucs en vrac

Pour terminer, voici quelques idées inclassables :

  • Tant qu’à avoir le trouble, prendre vous-même en charge le projet ou l’activité au lieu de dépendre d’une autre personne.
  • Travailler pour que ça soit une personne alliée qui le soit, pour en contrôler les impacts.
  • Ne pas répondre, ne pas être disponible : ne pas retourner de réponse, mettre son cellulaire sur Mode avion, bloquer temporairement (ou de façon permanente…) une demandeuse insistante.
  • Dire que le cellulaire était déchargé, qu’un autre client appelle… Mentir n’est pas beau mais des fois c’est la seule solution qui semble fonctionner en attendant d’être capable de dire non pour vrai. 
  • Demander un ou une intermédiaire entre vous et la personne à qui il est difficile de dire non.
  • Utiliser une image humoristique d’un personnage qui dit non – par courriel ou avec une pancarte. Pour soi ou pour l’autre !


5. Commencer petit, s’exercer et développer sa confiance en soi…

Dire non est un apprentissage, un muscle que l’on doit exercer !

  • Observez : prenez conscience de vos refus et acceptations, de ce que ça implique, des circonstances qui vous aident ou non. Prenez des notes si ça vous semble une bonne façon de suivre votre apprentissage.
  • Pratiquez : dites tous haut les phrases de refus qui vous inspirent avec une amie, devant un miroir, sur un enregistrement vocal… Ça semble bizarre, en même temps c’est comme utiliser un tapis roulant en vue de faire un marathon…
  • Commencez par de petites choses : dites non poliment à une vendeuse au téléphone ou à un collègue qui demande de l’aide pour financer les voyages de ski de ses jeunes.
  • Finalement, fêtez vos victoires, ces refus fiers et « payants » : soyez conscient·e du temps libéré, heureux de ne plus vous sentir coincé, aptes à gérer plus efficacement vos priorités…

Dire non se pratique, en même temps cette capacité est directement liée à notre confiance en soi. Dans le prochain texte, nous aborderons une méthode pratique pour aider à développer notre confiance en soi.


Pour aller plus loin…

45 façons de dire NON! – par la revue Coup de pouce

Comment et quand dire non avec tact et assurance – par la revue Gestion HEC