Un exemple concret de calcul des coûts d’une embauche
On a vu dans un texte précédent que le recrutement coûte cher, puis une méthode plus précise pour évaluer les coûts en partant des dépenses annuelles. Ce texte vous donne une autre façon d’évaluer ces montants, avec un exemple concret pour un poste de base.
Recruter, combien ça coûte ? Un exemple concret
Nous avons vu dans un texte précédent que le recrutement coûte plus cher qu’on pense. Puis, une première façon d’en calculer les coûts. Bref, des preuves pour montrer que la fidélisation est bel et bien un investissement, qui rapporte beaucoup en plus !
Voici donc en troisième partie un exemple concret que j’ai calculé pour un recrutement simple. Voyez ici ce que coûte minimalement un recrutement standard, sans difficulté de recrutement.
Hypothèses de départ
Pour commencer, validons quelques éléments de départ : salaires, taux d’avantage sociaux, etc. Afin de faciliter la compréhension, j’ai arrondi les montants lorsque c’était pertinent.
- Poste de base, étapes traditionnelles de recrutement, peu de rareté dans le domaine, région de Montréal
- Salaires pour responsable du recrutement et/ou gestionnaire : 57 000 $ + avantages sociaux = taux de 34 $ l’heure
- Salaire de la personne recrutée : 18,50 $ l’heure + avantages sociaux = taux de 23 $ l’heure
- Les deux postes : 40 heures/semaine
- 24% d’avantages sociaux pour : vacances 4%, 8 jours fériés, 2 jours de maladie par an, assurances collectives 4,33% et bénéfices marginaux (assurance emploi, RRQ, CNESST et autres obligatoires) selon la moyenne québécoise.
Frais : 700 $
- 300$ pour la publication sur un site d’emploi, ou l’usage d’autres outils de recrutement payants
- 400$ de frais ou de matériel pour : vérification du plumitif, ouverture du dossier employé, documents ou matériel servant à la formation, uniforme, lunettes de sécurité…
Responsable du recrutement : 17 heures – 578 $
- Obtenir les informations, mettre à jour le profil et l’offre d’emploi, publier et suivre les affichages, publier sur les réseaux sociaux et à l’interne, répondre aux questions – 4 heures
- Évaluer et trier 30 CV et courriels (dont 10 non pertinents), joindre les candidats, faire 10 entrevues téléphoniques, faire un compte-rendu au superviseur, autres suivis – 6 heures
- Planifier, préparer et faire 3 entrevues en personne, incluant un petit test maison – 4 heures
- Produire le contrat ou la lettre d’embauche, faire suivre l’information pour la paie et le superviseur, faire les suivis avec le gestionnaire et le candidat pendant et après le processus – 3 heures
Gestionnaire qui donne la formation au nouvel employé : 39 heures – 1 326 $
- Donner les informations, communiquer avec le recruteur, lire les CV, courriels et autres – 2 heures
- Se préparer et assister aux entrevues, évaluer le test, discuter des choix – 4 heures
- Planifier et préparer le poste de travail, préparer ou commander le matériel ou l’équipement individuel, aviser les employés, faire l’accueil et planifier et préparer la formation – 3 heures
- Préparer et donner la formation initiale – 18 heures
- Temps supplémentaire pour rattraper le travail régulier – 8 heures à taux et demi = 12 heures
Nouvel employé : 48 heures – 1 104 $
- Environ 3 jours pour l’accueil, l’attente et la formation sans productivité : 24 heures
- Productivité partielle, formation supplémentaire, explications, etc. durant les premiers jours, durée au moins équivalente à celle de la formation initiale : 24 heures
=== Total : 3 708 $ ===
Bref, au moins 3 700 $, pour un poste à faible salaire. Et seulement pour les étapes de base du recrutement, qui n’incluent pas ces frais :
- Les erreurs de débutant
- L’aide d’autres collègues
- Le temps des personnes en soutien, internes ou externes (ex. formation SST, ouverture du dossier employé, entrée de la 1re paie)
- Devoir recommencer le recrutement et la formation, parce qu’une personne embauchée ne s’est pas présentée, quitte après quelques jours, ou si on ne trouve pas assez de candidat·es
- Lorsqu’on doit refuser des contrats par manque de personnel…
Faites maintenant le calcul pour un salaire plus élevé, un processus plus long, et multipliez-les par le nombre annuel de recrutements.
Investir en fidélisation, c’est payant!
Disons qu’une entreprise fait en moyenne 20 embauches d’un coût de 4 000 $ par an, et qu’elle décide d’investir 15 000 $ dans la fidélisation et l’amélioration des conditions de travail. Si le roulement diminue de moitié l’année suivante, c’est 25 000 $ en plus pour l’organisation, annuellement !
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